

Madeleine Allain
Née en 1915 dans le Morbihan, France. Titulaire du Baccalauréat, elle fait des études de pharmacie à Rennes. C'est ainsi qu'au début de son séjour à Aïn-el-Hammam elle a pu se rendre utile à l'hôpital.
Elle arrive en Algérie en 1939. Par ses fonctions et son travail, elle a pu connaître la Kabylie dans toute son étendue et sa riche diversité. En 1943 elle fonde à Tizi-Ouzou, puis plus tard à Larbaa-Nath-Iraten, le CEBF, Centre d'Études Berbère Féminin. En 1946, les Pères Jean-Marie Dallet et Jacques Lanfry créent le FDB, Fichier de Documentation Berbère. Elle en est la première et principale collaboratrice pour la collecte patiente et rigoureuse des richesses orales de sagesse et de vie des femmes. Elle est titulaire du Diplôme supérieur de Berbère de l'Université d'Alger en 1949.
Son premier souci sera de mettre à la portée des autres ce qu'elle a acquis. En hors série du FDB, elle publie en 1960 le fruit de ses recherches et de son expérience pédagogique dans : Initiation à la langue berbère (kabyle), volume 1 : Grammaire, volume 2 : Exercices.
Le couronnement de son travail de recherche est représenté par l'acharnement humble et patient avec lequel elle a repris systématiquement toutes les « fiches du projet de dictionnaire » du Père Dallet, pour une révision minutieuse en contexte féminin. Avec le Père Lanfry, elle a mené ce travail à son achèvement avec la publication du Dictionnaire kabyle-français, de J.-M. Dallet, Éditions SELAF, Paris, 1982.
Elle restera en Algérie jusqu'en 1994, continuant sans relâche son travail de recherche linguistique. Mais elle est déjà handicapée par un début de cécité qui sera totale en 1998. Elle décède en septembre 2002 à Verrières-le-Buisson, avant d'avoir vu l'aboutissement de ce travail auquel elle a apporté une contribution fondamentale, comme on peut le lire dans l'Introduction.
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Lucienne Brousse
Arrivée en Algérie en 1953, aussitôt affectée à l'école de Ouaghzen (Aïn-el-Hammam), elle plonge dans le bain linguistique par le contact avec les mamans de ses élèves. Elle aura l'occasion de connaître une bonne partie des villages de Grande Kabylie, par ses différents postes d'enseignante. C'est en 1958-1959 qu'elle pourra mettre en place et systématiser ce qu'elle a appris sur le tas en Kabylie, et qu'elle va devenir la disciple fervente de Madeleine Allain, tant dans l'esprit que dans la pratique précise et rigoureuse de la notation des données orales recueillies. Elle est aussitôt associée à la recherche pédagogique du CEBF.
Pour être en accord avec l'évolution du pays, Lucienne entreprend des études d'arabe littéraire à Alger et Aix-en-Provence, par correspondance, tout en poursuivant l'enseignement. Elle obtient la licence ès Lettres Arabes, la licence de linguistique, puis une maîtrise de linguistique à 4 certificats avec option Berbère, à la Sorbonne. C'est également à la Sorbonne qu'elle obtient, tout en travaillant sur son sujet de 3ᵉ cycle, le diplôme de Didactique des moyens audio-visuels, option Concepteur de méthode.
Cela lui permettra, dans les années 1970, d'apporter sa collaboration à l'élaboration d'une Méthode audio-visuelle structuro-globale pour l'arabe algérien, connue sous le nom de Kamal, et au même moment de mettre en forme avec Marie Hélène Blais et Madeleine Allain tout le matériel pédagogique et l'expérience acquise au cours de nombreuses années, pour aboutir, après bien des adaptations, à la méthode Tizi Wuccen (voir Introduction).
Son dernier travail, qui lui a demandé beaucoup de patience et de rigueur, est la traduction intégrale, en collaboration, du Petit Prince de Saint-Exupéry, en arabe algérien, traduction publiée en 2008 aux Éditions Barzakh.
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