

Les hydronymes, ou noms propres désignant les lieux d'eau, pourvu qu'ils soient interrogés de manière méthodique et en nombre suffisant, disent, au-delà de la mémoire et de l'histoire des procédés dénominatifs, le passé des langues et des parlers dans leur imbrication et leur singulière complication. Si les langues sont des fragments d'histoire, que dire alors des mots qui les constituent, et plus particulièrement de ces mots privilégiés qui, même vieillis, altérés, ou tombés en désuétude, ont tout de même résisté au temps pour survivre dans les usages onomastiques, et qui, d'un certain point de vue, sont comparables aux débris, précieux témoins, dont se sert l'archéologue pour reconstituer l'objet disparu.
L'hydronymie du domaine nord-africain est particulièrement riche de ses langues que l'histoire a fait se succéder et qui l'ont façonnée, d'une étonnante diversité de l'écosystème à caractériser, et donc de la variété de son expression linguistique. C'est une source irremplaçable d'informations sur le vécu des hommes et l'humanisation de l'espace, mais aussi d'interrogation et d'approfondissement des questions liées aux procédés dénominatifs nombreux et de plusieurs types.
Le Dictionnaire d'hydronymie générale de l'Afrique du Nord est un outil commode qui tente de fournir des réponses aux questions que se pose le spécialiste (linguiste, géographe, historien, anthropologue, etc.) mais aussi tout lecteur désireux de connaître la signification originelle de tel ou tel autre nom figé en hydronyme.
Foudil Cheriguen, docteur d'État ès-lettres et sciences humaines de l'Université de Paris-Nord, est professeur à l'Université de Bejaia. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages (dont Toponymie algérienne des lieux habités) et de nombreuses études portant sur le nom propre et la lexicologie.
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